Nous venons à peine de revenir sur l'île. Aussi ne nous sommes nous pas encore rendu dans la jungle. Elle est pourtant si proche. Nous la voyons de l'autre côté du lac, imposante et secrète, grouillante, altière.   Hautaine et si proche
Le chemin, la rizière et puis plus rien qui puisse ressembler de près à la civilisation...jusqu'au prochain village du bout du monde, où téléphoner sera possible, où Bollywood aiguaillera les maisonnées du matin à la nuit profonde. |
|   "Le délire de la fôret"
Par l'écriture, vaincre l'appréhension première. Francis de Croisset dans "La féérie Cinghalaise", ( Editions Kailash - Coll Les exoctiques), la décrit avec force. Et son expérience réveille nos sens. ... Le délire de la fôret " Je frissonne et pourtant j'étouffe: l'impression de rouler sous une serre où s'enrhumeraient des orchidées...mais soudain comme nous dévalons la montagne je pousse un cri d'admiration. Jamais je n'oublierai ce spectacle, mais, hélas! jamais je ne pourrai le décrire. Et à quoi bon, puisque jamais un lecteur ne me croira qui n'a pas vu la jungle de Ceylan. |
| ...Des arbres qui ont l'air de bondir, de danser, de danser de joie, délirants de sève et de lumière. Des arbres qui s'enlacent, qui se tiennent par les branches, qui se rejoignent de rameau à rameau, des arbres de toutes éspèces, groupés au gré de la fantaisie la plus folle, échelonnés au hasard de la montagne, par bouquets ou par boqueteaux et qui séparent des forêts de fleurs violentes ou de cactus plus hauts que nos peupliers. Tous, dans le matin vermeil ont l'air ivre, étirent leurs bras, brandissent leurs fleurs, gonflent leurs fruits. Tous rivalisent à qui montera plus haut, toujours plus haut, vers la lumière nourricière. ... De cette orgie de feuilles, de fleurs de troncs, de branches, de plantes, s'exhale une joie lyrique, furieuse, passionnée et l'air est moins embaumé qu'alourdi des fortes sueurs de cette foule végétale." |
|  Puis renaître | 
Alors bien sûr lorsque réapparaît la rizière annonciatrice d'un l'horizon salvateur, tout en nous se calme. Comme si notre être pouvait à nouveau respirer. |
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